Chômage à la sortie des grandes écoles

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Chômage à la sortie des grandes écoles

Messagepar Julio » 07 Mar 2013, 03:03

oui c'est clair. Dans ma boite (agence de pub) les stagiaires font six mois et occupent tout simplement un poste de salarié. Je suis content pour eux et l'expérience qu'ils acquièrent, mais ils ne sont pas embauchés derrière. Enfin le phénomène n'est pas nouveau et déjà décrit dans le livre les Intellos précaires que j'adore. Et puis il y a pire que le marketing et la com' à ce niveau là, c'est la culture et le social.
Julio
 

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Chômage à la sortie des grandes écoles

Messagepar Lire ma Re​ponse » 07 Mar 2013, 03:04

Les écoles de commerce aiment et ont besoin de SOUS !
C'est pour cela qu'ils augmentent la taille de leur promotion et qu'ils diversifient les origines des élèves recrutés!

Pour les écoles d'ingénieurs PRIVEES idem.

Moi ce qui m'intéresse, c'est de connaitre le taux de chômage des diplômés des grandes et très grandes écoles.
la durée moyenne REELLE de recherche d'emploi et le salaire REEL à l'embauche et après 5 ans d'expérience.

Mais surtout s'il n'y a vraiment que les diplômés en Finance qui s'en sortent. Et aussi si ce n'est encore que dans quelques spécialités. Si oui lesquelles ?

Pour les autres RH, marketing, communication, commerce international, achats, logistique, juridique et fiscalité, etc
Quelle est la PROPORTION de ceux qui travailleront régulièrement dans leur spécialisation, à un niveau de responsabilité et salaire satisfaisant ??

Est-ce que toutes ces filières sont bouchées à cause du système des stagiaires ? de la conjoncture économique ? du niveau du SMIC européen ? mondial ?
du manque de moyens financiers des entreprises ? ou parce que beaucoup de chefs d'entreprises (PME) et de recruteurs n'y connaissent rien en la matière ?

Question aussi, quand tous ces diplômés de grandes écoles atteindront 50 ans minimum, ce diplôme les protègera t-il vraiment du chômage ?

------------------------
Enfin, je réagis à la remarque d'un des répondants. Le marketing et la communication, contrairement à ce qu'on entend, ce n'est pas du pipo !

Je remarque que tout ceux qui tiennent ce discours n'y connaissent absolument rien, ils confondent les deux notions, parlent de choses qu'ils ne maitrisent pas
et croient que cela se résume aux pubs TV. Tout ça aussi parce qu'ils ont entendu 2 ou 3 commentaires de journalistes (qui sont aussi pour la plupart dans le même cas...) En clair : des ignares prolixes qui relaient des conseillers incompétents écoutant des juges aveugles...LOL

Mais bon, c'est peut être normal, j'ai remarqué que même les élèves en 2e année d'école croyaient comprendre et maitriser ce qu'était le marketing et la communication à partir de leur petit cours de 2 heures, alors qu'en 3e année tu ne fais que cela INTENSIVEMENT. Cela vaut aussi pour les élèves en 3e année qui ont choisi une autre spécialisation que la tienne. Si donc même au sein de l'école, des gens ne maitrisent pas les notions, il est normal et courant d'entendre dire de pareilles absurdités.

Si la finance ou les connaissances scientifiques sont apparemment tangibles, le marketing et la communication sont des compétences tout aussi réelles !

Savoir gérer la caisse c'est bien, construire aussi. Mais à quoi ça sert s'il n'y pas de client ? si cela ne répond à aucun besoin ?
Les financiers et ingénieurs savent-ils sentir les tendances du marché ? Savent-ils communiquer efficacement ? fidéliser ? répondre en cas de crise d'image ?
en cas de baisse des ventes ? à l'arrivée d'offres concurrentes ? savent-ils négocier ? acheter ? créer des partenariats ? analyser ? etc
Lire ma Re​ponse
 

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Messagepar lara » 07 Mar 2013, 03:05

Pas très rassurant ce topic en plus vous parler de chômage mais vu qu'on sortira d'étude on aura pas cotisé pour le toucher ce chômage... on sera juste "sans emploi".
lara
 

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Messagepar peich567 » 07 Mar 2013, 03:05

pour répondre à la précédente question sur de chiffres "concrets"

diplômé en 2010 de Sciences Po (Paris). temps de recherche d'emploi: 4 mois. salaire: 27 000 euros brut annuels sans avantages annexes pas de rtt, pas de mutuelle et pas de statut cadre)
peich567
 

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Messagepar lirema2ere​ponse » 07 Mar 2013, 03:06

@peich567 : merci pour ces précisions.

dans les faits : 27 000 euros brut. soit 2250 bruts par mois. soit 1732 euros net par mois. soit 577,5 euros pour le loyer (respect de la règle 1/3)

on va où pour un loyer pareil ? (on considère bien sûr le cas où on n'a pas de logement de fonction ou d'autres avantages en nature)

Il reste 1154,5 euros. on enlève l'électricité, la nourriture, la mutuelle, les assurances, les rdv chez le médecin, spécialistes, les médicaments non remboursés,
le téléphone, internet, les vêtements, les dépenses pour les produits d'hygiène, l'essence. Et si jamais tu veux partir en vacances ? sortir quelques fois au restaurant ? au cinéma ? faire des expos ? faire du sport ? si tu as une copine qui ne travaille pas ? des enfants ? prendre des cours particuliers pour eux ? leur payer des activités extrascolaires ? etc

bref, on peut économiser quelque chose ?
on peut sortir ? on peut être autonome ?

en clair, ça vaut encore le coup de faire des études ?

ou il faut changer quelque chose ?
lirema2ere​ponse
 

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Messagepar peich567 » 07 Mar 2013, 03:06

comme tu l'as très bien dit: on va où?
c'est vrai que j'ai du mal à boucler mes fins de mois, d'autant plus que je travaille en région parisienne (première couronne). difficile donc. je fais donc une croix sur mes vacances et les restaurants. et mes parents m'aident quelque fois pour payer le loyer. d'autant plus que célibataire sans enfant, avec ce salaire, je vais devoir payer environ 1500 euros d'impot...

donc, après 5 ans d'études intensives, ma réponse est non: ça ne sert plus à grand chose de faire des études
peich567
 

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Messagepar Lordowar » 07 Mar 2013, 03:06

@peich567 : merci pour ton témoignage concret et transparent, mais tu dis qu'en étant diplômé de Sciences Po Paris tu as mis 4 mois pour trouver du boulot. Ben ecoute, c'est bien. La moyenne pour les jeunes diplômés est plutôt de 6 mois. 4 mois, surtout en période de crise, ce n'est pas la catastrophe, loin de là. Par ailleurs tu mentionnes un salaire de 27 000 euros. Là, c'est moins engageant on est d'accord, mais tout dépend du secteur. Si tu as choisi le domaine culturel-édition-journalisme-fonction publique-territoriale-ONG, bref ce vaste territoire de rêve pour jeunes diplôméss en quête de sens, c'est dans la norme. En revanche, si tu travailles ds la banque-audit-conseil-finance, tu t'es fait avoir.
Pour les secteurs RH et Marketing, c'est tangeant. Tout dépend de si tu es ds une PME ou un grand groupe.
Pour ton absence de statut cadre, que veux-tu dire ? tu n'encadres personne ? C'est normal en début de carrière. Après si tu es ds la fonction publique en cat. B, c'est toi qui a pas passé le bon concours.

Plus généralement, je dirais que tu n'as pas à t'affoler. Après 2 ou 3 ans d'expérience pro, tu vas prendre beaucoup de valeur aux yeux des recruteurs. Beaucoup plus que tu ne peux l'imaginer. Le summum est atteint entre 30 et 35 ans. Après tu commenceras à perdre de la valeur, jusqu'à tes 50 ans. Et là ce sera re-chômage, mais c'est une autre histoire.
Lordowar
 

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Messagepar IDE 34 » 07 Mar 2013, 03:07

Autocélébration, méthode Coué ou véritable sortie de crise ? C'est toujours difficile à savoir...mais la tendance est à l'optimisme d'après cet article qui relate les informations données lors d'une conférence de presse de la CGE :

A lire sur Le Monde :

Les diplômés de grande école sont sortis de la crise

« ça y est, on est reparti ! » Mardi 21 juin, Bernard Ramanantsoa, directeur général d'HEC et président de la « commission aval » de la Conférence des grandes écoles (CGE), ne cachait pas sa satisfaction en présentant les chiffres de l'enquête insertion 2011 de la CGE.

De fait, sur les 22 000 jeunes sortis en 2010 des grandes écoles (de management et d'ingénieurs) interrogés, 84 % avaient trouvé un emploi au premier trimestre de cette année.

Ce « taux net d'emploi » n'était que de 76 % dans l'enquête de l'an dernier. Après deux années de baisse, consécutive à la crise économique, c'est donc un tournant.

D'autant que « l'ensemble des indicateurs est au vert », assure Bernard Ramanantsoa. En effet, la part des diplômés ayant trouvé leur premier emploi en moins de deux mois s'est amélioré de 3 points, passant de 76,4 % à 79 % en un an. Ceux ayant signé un CDI sont 76 %. Ils n'étaient que 71 % un an plus tôt (mais encore 79 % en 2009 et 81 % en 2008). Enfin, le salaire annuel brut (avec les primes) a gagné 1 000 euros et s'établit à 34 880 euros, la promotion 2010 retrouvant le niveau de celle de 2006.

Il y a cependant un envers à la médaille, reconnaît le directeur général d'HEC : la promotion précédente (2009) « reste une promotion sacrifiée qui a beaucoup souffert et continue à souffrir ». Ils ont mis plus de temps que les autres à trouver un emploi et ne gagnent pas mieux leur vie que leurs prédécesseurs.

Autre bémol, les hommes sont toujours mieux traités que les femmes. Pour la promotion 2010, 80,6 % d'entre eux ont signé un CDI contre 67,1 % d'entre elles seulement. Les femmes sont également moins bien payées. Mais, affirme la CGE, cela tient surtout à des secteurs (qui payent mal et où les femmes sont plus nombreuses) qu'à une discrimination des entreprises (dans lesquelles on déciderait de payer moins les femmes que les hommes).

Benoît Floc'h
IDE 34
 

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Messagepar Geovanna1 » 07 Mar 2013, 03:08

Je viens de lire ton témoignage en me disant que tu étais vraiment déconnecté du monde réel !.

En effet, je ne vois pas l'intérêt comme le dit si bien "Peich567" de se poser la question
de l'utilité de faire des grandes études comme à Sciences Po pour ne pas les citer,
sachant que pour un niveau d'études important qui nécessite des efforts constants sur plusieurs années,
il récolte moins bien qu'un étudiant de diplôme moins considérable effectué dans une école sans notoriété particulière.
Je sais de quoi je parle car je possède un niveau d'études BTS Action commerciale et sans me vanter,
j'ai accédé dans mon début d'expérience professionnelle à un meilleur salaire que le sien et à des avantages comme des RTT ou la mutuelle par exemple, qui apportent un certain confort.
Je suis très surprise de la mauvaise considération que des diplômés de Sciences Po ont actuellement
sur le marché du travail.

Alors quel est le vrai enjeu à faire des études de ce type alors que des cursus d'études courtes permettent
de bénéficier dès leur entrée sur le marché du travail en secteur privé de meilleurs postes et d'avantages
dont ceux qui ont fait des études dites longues non pas accès !.C'est le monde à l'envers !.

Aucun intérêt bien entendu, si ce n'est d'avoir un joli diplôme qui fait bien sur le CV et aussi le prestige
d'avoir intégré telle ou telle école de prestige.
Il serait intéressant de sensibiliser les d'jeunes qui choisissent le cursus de leurs études à faire le bon choix
et à ne pas perdre tout simplement leur temps à remplir les statistiques des grandes écoles.
Vive les études courtes !. Ca dure moins longtemps et ca rapporte mieux !.
:-)

Bon courage chers étudiants de grandes écoles !
Vous êtes plus à plaindre qu'à admirer dans notre époque actuelle.
Le fleuron et la réputation des grandes ecoles françaises n'est plus le même qu'il était il y encore 10 ans.

Actuellement, il vaut mieux faire un cursus d'études courts et trouver un poste évolutif en entreprise
et se permettre de faire une belle carrière professionnelle plutôt que perdre son temps sur les bancs
des grandes écoles qui exploitent les petits jeunots qui pensent naivement trouver l'eldorado professionnel dès la sortie de ces endroit "dits" prestigieux que sont ces grandes écoles qui fabriquent surtout des rêves et beaucoup de désillusions.

Mon avis vas sans doute déplaire à certains mais j'assume totalement ce que je viens de mettre par écrit.

Bien à vous,
CPA

Lordowar a écrit:@peich567 : merci pour ton témoignage concret et transparent, mais tu dis qu'en étant diplômé de Sciences Po Paris tu as mis 4 mois pour trouver du boulot. Ben ecoute, c'est bien. La moyenne pour les jeunes diplômés est plutôt de 6 mois. 4 mois, surtout en période de crise, ce n'est pas la catastrophe, loin de là. Par ailleurs tu mentionnes un salaire de 27 000 euros. Là, c'est moins engageant on est d'accord, mais tout dépend du secteur. Si tu as choisi le domaine culturel-édition-journalisme-fonction publique-territoriale-ONG, bref ce vaste territoire de rêve pour jeunes diplôméss en quête de sens, c'est dans la norme. En revanche, si tu travailles ds la banque-audit-conseil-finance, tu t'es fait avoir.
Pour les secteurs RH et Marketing, c'est tangeant. Tout dépend de si tu es ds une PME ou un grand groupe.
Pour ton absence de statut cadre, que veux-tu dire ? tu n'encadres personne ? C'est normal en début de carrière. Après si tu es ds la fonction publique en cat. B, c'est toi qui a pas passé le bon concours.

Plus généralement, je dirais que tu n'as pas à t'affoler. Après 2 ou 3 ans d'expérience pro, tu vas prendre beaucoup de valeur aux yeux des recruteurs. Beaucoup plus que tu ne peux l'imaginer. Le summum est atteint entre 30 et 35 ans. Après tu commenceras à perdre de la valeur, jusqu'à tes 50 ans. Et là ce sera re-chômage, mais c'est une autre histoire.
Geovanna1
 

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Messagepar renard59 » 07 Mar 2013, 03:09

Bonjour,

Je me suis inscrit sur ce forum pour réagir à ce fil que j'ai trouvé en tête d'une requête google.
Je suis diplômé d'une des écoles d'ingénieur citées dans le premier post "qui ne communique jamais sur les chiffres du chômage" depuis le milieu des années 2000.

J'ai peut être tendance à généraliser à partir de mon expérience, mais elle est tellement différente de la version "officielle" que j'estime qu'elle mérite d'être racontée.


Initialement j'étais élève dans un bon lycée de province dans une terminale S option Technologie industrielle. Je suis allé en CPGE scientifique pendant que la quasi totalité de mes camarades allaient pour quelques uns en prépa intégrée d'école d'ingénieur ou en BTS / DUT pour la majorité.
J'ai fait deux années de CPGE scientifique difficiles à l'issue desquelles j'ai eu l'ENSIMAG / TELECOM BREST en meilleures écoles (ce qui n'est pas trop mal pour ceux qui connaissent les niveaux de sélection requis), j'ai rempilé une année pour finalement intégrer une école d'ingénieur généraliste parisienne de "classe A". Trois années de CPGE très difficiles et intenses pour un volume horaire annuel de travail que j'estime aux environs de 3400 heures. Pendant ce temps mes anciens camarades de lycée que je revoyais se la coulaient douce en DUT / BTS /Prépa intégrée.

Cette école ne fut que désillusions, vous comprendrez que je ne dise pas de laquelle il s'agit et que je ne donne pas de détails sur mon parcours pro. Assez rapidement il fut clair que plutôt que de chercher l'excellence, la direction des études avait fait le choix de vivre sur sa réputation et d'en tirer un maximum à court terme. Pourquoi faire de bons enseignements si on a les meilleurs élèves à l'entrée et qu'il suffit de faire semblant de donner de bons enseignements (c'est à dire pour ceux qui se contentent de regarder les programmes sans en connaître les modalités) ce qui coûte bien moins cher ? Comme me le faisait remarquer justement un intervenant que j'ai eu dans un séminaire dans cette école, une école d'ingénieur n'est pas un organisme philanthropique même si elle est publique mais une entreprise. Cette entreprise a une matière première qui est sélectionnée par un concours, sur laquelle elle rajoute une valeur ajoutée (le cursus d'ingénieur) pendant le processus de fabrication et enfin vend son produit "élève" avec une image de marque qui correspond à l'image de l'école. Les trois aspects sont bien distincts : sélection / valeur ajoutée / réputation.

Pour la sélection, les concours sont toujours aussi difficiles, sauf que de plus en plus d'élèves ne les passent plus, ainsi si je regardais en fin de cursus ingénieur, près de la moitié des élèves ne les avaient pas passés, en effet, il y avait grosso modo 300 élèves issus des concours sur une promo, 100 élèves étrangers venant d'établissements étrangers partenaires, 50 admissions sur titres recrutés sur entretien à partir d'une licence ou d'une maîtrise, 100 masters spécialisés payants.

Pour la valeur ajoutée, comme je le disais c'était de la grosse blague, les programmes étaient virtuels et n'étaient pas abordés, chez les enseignants corrects on pouvait les lires dans leur polycopié, chez les autres il n'était même pas à disposition des élèves mais étaient quand même en "théorie" abordés. Les enseignants étaient souvent choisis parmi les anciens de l'école qui avaient un poste important mais qui n'avaient plus de contact avec le technique depuis pas mal d'années et qui donc donnaient des "cours" magistraux qui ressemblaient plus à des présentations powerpoint superficielles pompeuses et parcellaires qu'à de véritables enseignements. Les travaux pratiques (qui nécessitent du matériel coûteux) réduits à leur plus simple expression pendant les années de tronc commun (j'avais beaucoup plus de TP en CPGE, c'est dire...). Bref vraiment que de la poudre aux yeux parsemée de séminaires multiples sur des thèmes de sciences humaines variés effectués par des intervenants extérieurs, pas forcément inintéressants mais globalement inutiles sans expérience professionnelle préalable. Bref il y avait des idées dans la conception de la formation, mais son application était faite par dessus la jambe à la discrétion des enseignants qui avaient comme motivation principale de faire valoir lors de leur apparitions extérieures auprès de tiers payants qu'ils étaient enseignants dans cette école, plutôt que de réellement essayer d'atteindre l'excellence en y enseignant. Rien qu'un exemple que je trouve assez révélateur sur le détournement sémantique employé par les grandes écoles pour faire croire des choses qui en fait en sont d'autres : Quand une école dit qu'elle "mise sur l'ouverture à l'international de ses élèves", ça ne veut pas dire qu'elle offre à ses élèves des carrières internationales via une bonne visibilité à l'étranger, des démarchages auprès d'employeurs institutionnels étrangers ou des cours de langue de haut niveau comme on pourrait le penser si elle agissait dans l'intérêt de ces élèves, non ça signifie que le processus de recrutement des élèves est internationalisé ce qui finalement n'a que peu d’intérêt sur une plaquette de présentation de l'école aux élèves mais qui traduit bien le fait qu'elle pense comme une entreprise, on parle de l'ouverture à l'international de l'entreprise, pas de ses produits.

Pour la réputation, le thème qui intéresse ce fil, je suis tombé de haut. A en croire mon école, il y avait 100% d'embauches avant la remise du diplôme et le salaire à la sortie était de 41k€ bruts annuels à l'époque. Sauf que si vous avez suivi, vous savez que ce genre d'annonces s'apparente à une campagne de communication d'une entreprise qui veut placer ses produits. Selon l'association des anciens élèves, le salaire d'embauche moyen de la promotion précédente était de 35k€ brut annuel (à Paris !!! ) et selon mon expérience les propositions acceptées à 30 - 32k€ n'étaient pas rares du tout, faute de mieux. Mais me direz vous, les salaires augmentent vite une fois un peu d'expérience acquise ! En réalité selon cette même source le salaire moyen de la promotion sortie 10ans avant était de 45k€ ce qui faisait à l'époque dans les 2600€ nets nets d'impôts mensuels pour un célibataire soit 2.5 fois le SMIC mensuel d'alors pour 6 années d'études dans une des plus difficiles d'obtention écoles d'ingénieurs parisiennes avec le coût de la vie de Paris (son délire immobilier en particulier, et sa mauvaise qualité de vie en général quand on est pas richissime). Mais pire que cela les places intéressantes et susceptibles à évolution rapide / importante étaient extrèmement rares, contrairement à une idée fort répandue en dehors, on ne fait pas de "ponts d'or" aux élèves, bien au contraire les entreprises qui se vantent d'embaucher des JD de cette école (style grosses boîtes de conseil / audit ) les refusait en fait en masse et les entreprises industrielles préféraient externaliser via des prestataires dont l'obsession et de payer le moins possible. Et pour enfoncer le clou, plus d'un quart des élèves que je connaissais n'avaient pas trouvé de stage de fin d'études 2 mois avant qu'il ne commence et 3 mois après la remise des diplôme le nombre de JD sans emploi était relativement important, seuls ceux qui avaient été embauchés sur le lieu de leur stage n'avaient pas eu de soucis pour entrer sur le marché de l'emploi, et ce même à ces salaires misérables qui ne permettent pas de se loger décemment en région parisienne. J'ai finit par comprendre que tout cela était lié à la nature généraliste du diplôme et à la période économique incertaine depuis le début des années 2000 qui fait que l'on préfère embaucher des ingénieurs spécialisés opérationels à la sortie que des généralistes qu'il faut encore former même si ils sont passés par les fourches caudines des concours.

Et pour finir, les camarades qui étaient avec moi en terminale au lycée qui ont fait un DUT et ont dans leur écrasante majorité poursuivi sur une petite école d'ingénieur recrutant sur voies parallèles ont été diplômés avant moi, se sont insérés plus facilement que moi sur le marché de l'emploi, et gagnent plus que moi une fois les frais liés à l'exercice de sa profession déduits (en particulier l'emplacement du logement). Pourquoi ont-ils eu plus le choix de l'entreprise ? Pour deux raisons, la première étant celle que j'évoquais au paragraphe précédent (la spécialisation vs généraliste) qui a une influence pour les entreprises les plus petites, et la deuxième étant que quand on a une grosse entreprise qui est noyautée par des baronnies de une ou deux des dix plus grandes écoles, quand on fait partie d'une autre des dix, il n'est quasiment pas possible d'y rentrer, le diplôme ferme les portes alors que quand on a fait une petite école, le diplôme ne fait pas peur aux baronnies concurrentes établies.


Bref, le jeu n'en valait vraiment pas la chandelle, si c'était à refaire, je ferais des études qui mènent à un métier pour lequel il existe une interdiction d'exercer liée au diplôme (comme médecin, avocat...), c'est plus facile, ça paie mieux et c'est mieux reconnu socialement.

Je précise que je ne fais ni de la banque/ finance ni du BTP parce que ces secteurs choyés par les politiques ont connu des jours heureux, mais pour combien de temps encore ?
renard59
 

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